TCA-QUÉBEC, 565 boul. Crémazie est, 10e étage, Montréal, Québec, Canada H2M 2W1
Saguenay, le 15 avril 2004
Consœurs, Confrères,
Lors du congrès de la Fédération de la métallurgie C.G.T. qui s’est tenu du 29 mars au 2 avril dernier en France, les membres des Syndicats des T.C.A. et de la C.G.T. ont échangé sur la situation des travailleuses et travailleurs d’Alcan et Pechiney sur leurs préoccupations immédiates et sur l’avenir de leurs régions. D’un commun accord, nous participerons à des échanges entre syndicats et nous formerons un conseil d’entreprise mondial Alcan sous l’égide de la Fédération internationale des ouvriers de la métallurgie (FIOM). Voici la lettre expédiée à M. Engen par les TCA et la CGT.
Claude Patry, président
Nantes, le 26 mars 2004
Monsieur Travis Engen
Président du groupe Alcan
1188, rue Sherbrooke ouest
Montréal, (Québec) Canada H3C 3A7
Monsieur le Président,
Des représentants syndicaux d'Alcan du Québec (TCA) et de la France (CGT) se sont rencontrés tout récemment à l'occasion du congrès de la Fédération de la métallurgie CGT, en France. Les membres des syndicats des TCA et de la CGT ont échangé sur la situation des travailleuses et travailleurs d'Alcan, sur leurs préoccupations immédiates et sur l'avenir de leurs régions.
M. Engen, nous tenons à vous affirmer que les travailleuses et travailleurs d'Alcan ne sont pas responsables de la fusion que vous conduisez. Vous tentez de bâtir une grande, sinon la plus grande, entreprise au niveau mondial dans le secteur de l'aluminium. En fait, en regroupant les activités d'Alcan et de Pechiney, votre objectif ne vise qu'à augmenter les dividendes des actionnaires. La taille de l'entreprise ne saurait répondre à elle seule à votre objectif, que nous contestons par ailleurs, comme seule finalité de votre gestion.
Pour nous, représentants des travailleuses et travailleurs d'Alcan, la place des salariés reste déterminante dans la vie de l'entreprise. Les salariés et leurs syndicats réaffirment vouloir tenir leur place sur les questions touchant l'avenir de la compagnie. Pechiney comme Alcan sont devenues de grandes compagnies grâce au travail et aux efforts de milliers de salariés syndiqués. Les TCA et la CGT réaffirment être responsables de l'avenir des travailleuses et travailleurs et de leurs communautés. Les intérêts communs entre les salariés d'Alcan de toutes les régions du monde ne sauraient être écartés du cœur de cette fusion.
Vous souhaitez réussir la fusion, alors la compagnie doit aussi réussir un développement harmonieux entre les régions et assumer toutes ses responsabilités dans les décisions qu'elle prendra dans l'avenir.
La fusion en cours ne peut s'envisager sans le maintien et le développement :
- des activités industrielles;
- des usines, des centres de recherche, des sièges sociaux;
- des emplois et du savoir-faire.
Le développement de la compagnie ne peut exclure la poursuite des activités dans les régions à l'origine de la force actuelle d'Alcan. Pour nous, chacun des salariés syndiqués et des sites doit y trouver sa place. Les syndicalistes refusent de voir le travail des uns être accaparé par d'autres afin de favoriser une augmentation des profits.
Vos campagnes de relations publiques et de publicité sur l'environnement, sur la durabilité et sur vos engagements sociaux ne sauraient être crédibles aux yeux de l'opinion publique si l'avenir de la compagnie devenait synonyme de fermeture d'usine, de déséquilibre géographique, de chômage et de bas salaire. Nous rejetons d'avance vos arguments sur la différence entre les coûts
et les salaires pour assurer la permanence de nos emplois. Vous trouverez toujours des syndicalistes pour vous rappeler à vos obligations et ce, partout dans le monde.
La Fédération internationale des organisations de la métallurgie (FIOM) a déjà réuni les syndicalistes de l'aluminium du monde entier les 4 et 5 octobre 2003 à Montréal. Ils ont décidé de mettre en place un Conseil syndical d'entreprise Alcan dans le monde. Le congrès de la FTM CGT a donné l'occasion à de nouveaux échanges et collaboration entre les TCA et la FIOM pour l'évolution de ce conseil syndical.
Nous avons l'intention d'utiliser et de créer toutes les rencontres nécessaires pour augmenter notre rapport de force afin de donner aux travailleuses et travailleurs que nous représentons les moyens de défendre leurs intérêts légitimes.
Nous sommes et resterons disponibles pour discuter, débattre et envisager avec vous les conditions du développement de la compagnie.
Dans l'attente, recevez, Monsieur le Président, nos salutations distinguées.
TCA-QUÉBEC C G T France
•Complexe Jonquière Claude Verdier
•Usine Laterrière
•Installations portuaires
•Usine Beauharnois
•Énergie Saguenay
•Luc Desnoyers, directeur québécois