Les dirigeants d'Alcan réitèrent leurs menaces sur Vaudreuil et Jonquière - La bataille pour la survie du Complexe Jonquière s'enclenche
31 août 2004
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Les dirigeants d’Alcan réitèrent leurs menaces sur Vaudreuil et Jonquière

LA BATAILLE POUR LA SURVIE DU COMPLEXE JONQUIÈRE S’ENCLENCHE

Consœurs, Confrères,

Comme vous le savez tous, avant la tenue du conseil conjoint des TCA, les membres du comité exécutif des TCA-SNEAA ont participé à deux rencontres importantes avec la haute direction d’Alcan les 24 et 25 août derniers à Montréal. À l’ordre du jour se trouvait l’avenir de l’usine Vaudreuil et du Complexe Jonquière.

La première rencontre s’est déroulée en présence des membres du comité exécutif du SNEAA-TCA et des dirigeants de l’usine Vaudreuil, dont le vice-président Michael Hanley. La rencontre avait pour but de discuter de l’avenir de cette usine. La deuxième rencontre s’est déroulée en présence de la direction métal primaire d’Alcan. À cette deuxième rencontre, les membres du comité exécutif étaient accompagnés des dirigeants des TCA, dont Buzz Hargrove, président national des TCA-Canada, de Luc Desnoyers, directeur québécois des TCA et d’Alain Proulx et Jacques Gravel, représentants des TCA au Saguenay–Lac-Saint-Jean.

Essentiellement, les messages livrés par les dirigeants d’Alcan lors de ces deux rencontres sont très clairs et sans équivoque.

L’USINE VAUDREUIL MENACÉE DE FERMETURE EN 2007

Premièrement, Alcan a confirmé que l’usine Vaudreuil se trouve dans une situation très sérieuse, sinon critique. En fait, la compagnie souhaite récupérer entre 15 et 20 millions $ en productivité, en réduction de coût de main-d’œuvre et en amélioration continue. Elle demande pour cela la collaboration des employés et des représentants syndicaux. Si cette collaboration n’est pas réalisée et que cet objectif n’est pas atteint, la menace est sans ambiguïté : Alcan envisage la fermeture de l’usine Vaudreuil pas plus tard qu’en 2007.

ALCAN REFUSE DE DONNER UN MINIMUM DE GARANTIE D’EMPLOI

Lors de la deuxième rencontre, les dirigeants d’Alcan ont dressé à nouveau le même portrait sombre de la situation d’Alcan et ont refusé de s’engager sur des garanties pour l’avenir du Complexe Jonquière. Au contraire, ils ont entretenu l’incertitude sur l’avenir du Complexe Jonquière et ont refusé de s’engager sur les promesses passées d’une usine de remplacement à Jonquière.

Le portrait décrit par Alcan est essentiellement le même qui nous avait été brossé il y a quelques mois et dont nous vous avions fait un rapport en assemblée générale. Nous avions alors décidé ensemble qu’il n’était pas question de nous asseoir avec les représentants d’Alcan pour discuter de solutions à la situation, sans avoir entre autres la garantie que les travailleurs actuels auront le temps de se rendre à leur retraite. La compagnie a dit NON à une telle demande.

UNE POSITION SYNDICALE CLAIRE: NON AUX CONCESSIONS

De plus, des doutes très sérieux ont été soulevés sur le portrait qu’Alcan fait de sa propre situation par un économiste des TCA présent à la rencontre. Il est évident que si Alcan veut aller plus loin, elle devra faire preuve d’une très grande transparence et s’engager à collaborer avec toutes les personnes ressources qui se joindront à nous.

D’autre part, le président national des TCA-Canada, Buzz Hargrove, a livré un message très direct aux dirigeants d’Alcan présents : "Cette compagnie procède à des investissements importants partout à travers le monde. Elle prévoit faire un profit qui pourrait atteindre le milliard de dollars en 2004 et elle exige des concessions importantes de ses travailleurs. Nous vous avisons immédiatement qu’une autre compagnie importante, Air Canada, celle-là en faillite, nous a déjà demandé des concessions et nous avons refusé. Notre refus va être encore plus fort avec une compagnie comme Alcan qui fait de pareils profits".

La position de Buzz Hargrove est celle de tous vos leaders syndicaux. Nous avons informé les représentants d’Alcan que le temps des concessions sans garantie est terminé.

NOUS DEVONS NOUS DONNER UNE STRATÉGIE DE MOBILISATION

Le point positif de cette rencontre est que vos leaders syndicaux ont réalisé qu’ils ne seront pas seuls pour ce qui s’en vient. Nous avons senti une solidarité indéfectible des TCA et nous savons que nous pourrons compter sur la qualité de leurs ressources.

Nous sommes déterminés à reprendre l’offensive contre Alcan. Dès les prochains jours, nous allons préparer la suite des événements et vous pouvez être assurés que c’est maintenant nous qui allons imposer notre agenda à cette multinationale. En effet, il est inadmissible qu’Alcan puise ainsi dans nos richesses naturelles pour son seul profit et engrange des profits mirobolants pour faire ensuite reporter les solutions à ses problèmes sur le dos de l’ensemble de ses travailleurs et de cette région. C’est pourquoi nous travaillons pour préparer une orientation et une stratégie, ainsi que des recommandations que nous soumettrons bientôt en assemblée générale pour débattre. Rien n’est écarté : exigence d’un plancher d’emploi, pressions politiques de toutes sortes et même la mise en branle d’une campagne pour mener à la nationalisation des ressources énergétiques d’Alcan au profit du développement du Saguenay–Lac-Saint-Jean.

Alcan est allée trop loin et vous pouvez être assurés que nous ne serons plus les seuls à payer.

 

Le comité exécutif du SNEAA-TCA et le Bureau régional des TCA

 

Jonquière, le 31 août 2004

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