Discussions sur l’avenir du Complexe Jonquière - Notre objectif : garder les usines ouvertes et notre monde au travail
29 septembre 2004
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Consoeurs, confrères,

Conformément au mandat que vous nous avez donné lors de nos assemblées générales spéciales mardi soir et mercredi matin, votre exécutif syndical est prêt à discuter de bonne foi avec les dirigeants d’Alcan de l’avenir du Complexe Jonquière.

Nous tenons cependant à préciser qu’il n’est pas question d’entreprendre des négociations à ce moment-ci. Nous n’en sommes pas rendus là. Il s’agit plutôt d’une étape d’analyse de la situation que nous voulons voir se dérouler dans la plus grande transparence possible.

Ce n’est pas parce que les dirigeants d’Alcan nous disent que certaines unités d’affaires, dont l’usine Vaudreuil et les salles de cuves précuites, ne sont plus rentables que nous allons les croire aveuglement. Nous allons nous asseoir avec les représentants de la compagnie et leur demander de mettre sur la table les chiffres qui prouvent cette non-rentabilité. À partir de là, nous allons procéder à une analyse rigoureuse de ces données pour les valider et porter notre propre jugement sur la situation.

Nous comptons d’ailleurs sur Alcan pour manifester la même bonne foi que le syndicat dans ce dossier et faire preuve de transparence en nous ouvrant les livres, sans aucune cachette. Pour notre part, nous allons recourir à divers spécialistes, dont les économistes des Travailleurs canadiens de l’automobile (TCA), la Chaire d’études socioéconomiques de l’Université du Québec à Montréal avec l’économiste Léo-Paul Lauzon, et à des ressources régionales spécialisées en communication et analyse économique.

Une discussion d’égal à égal

L’objectif n’est pas de nous embarquer dans une guerre de chiffres avec Alcan, mais bien plutôt de brosser le vrai portrait de la situation de cette multinationale qui continue de profiter largement de l’exploitation de nos ressources naturelles. Il faut bien comprendre que cette compagnie qui prétend perdre de l’argent a enregistré des profits de 331 millions $ US lors du dernier trimestre seulement.

Les études que nous allons commander ne porteront pas uniquement sur les installations du Complexe Jonquière. Nous allons approfondir notre réflexion en considérant d’autres sujets dont la nationalisation et la régionalisation du réseau hydroélectrique d’Alcan, les coûts de production des installations du Complexe Jonquière comparativement aux installations d’Alcan à travers le monde, et d’autres thèmes touchant directement ou indirectement Alcan et ses activités dans la région.

Nous voulons bien être clairs : la compagnie veut que nous nous asseyons avec elle pour nous pencher sur l’avenir du Complexe Jonquière. Nous allons le faire mais en nous entourant des ressources et des expertises nécessaires pour avoir une discussion d’égal à égal. Les membres ont d’ailleurs voté l’adoption d’un budget spécial de 1 million $ pour nous permettre de prendre tous les moyens nécessaires pour mener à bien ce combat, dont entre autres l’embauche de personnes ressources qui nous seront utiles lors de nos échanges avec Alcan.

L’objectif ultime de la démarche est de faire en sorte de garder nos usines ouvertes et tout notre monde, sans aucune exception, au travail.

Le temps de la solidarité

Nous le répétons : nous n’allons pas discuter avec Alcan pour négocier des fermetures d’usines ou des coupures de postes. Nous ne sommes pas à une étape de négociation, mais bien plutôt d’analyse de la situation du Complexe Jonquière.

Et vous pouvez être assurés que nous allons vous tenir informés au fur et à mesure de l’évolution du dossier. Nous le ferons par la publication régulière de ce nouveau bulletin Le Trait-d’union Express, par la publication du journal Le Trait-d’union et d’autres documents d’information. De même, nous n’hésiterons pas à vous convoquer en assemblée générale spéciale dès que ce sera nécessaire afin que nous fassions tous ensemble le point sur le dossier.

En attendant, nous vous encourageons tous à faire preuve d’une grande solidarité. Ce n’est pas la première fois que nous traversons des moments difficiles. Nous avons connu des périodes de crise par le passé et nous sommes passés à travers parce que nous avons toujours su nous serrer les coudes.

L’usine Vaudreuil a été menacée à plusieurs reprises par le passé, dont notamment en 1994 et nous avons toujours réussi à nous mobiliser pour la maintenir en vie. Aujourd’hui, il faut manifester une solidarité aussi forte entre nous et convaincre la population régionale de s’engager à nos côtés dans cette grande mobilisation.

Solidairement vôtre,
Le comité exécutif

 

Appui de nos confrères de Louisiana Pacific

Nos confrères de l’usine Louisiana Pacific à Chambord n’ont pas oublié l’important soutien que nous leur avons apporté durant leur long conflit de travail en 2002 et 2003. Aujourd’hui, c’est à leur tour de nous manifester une solidarité que nous apprécions grandement. Voici le texte de la lettre que le président de leur syndicat, Evens Simard, nous a fait parvenir au cours des derniers jours :
Attendu que les membres du SNEAA ont toujours été de toutes les luttes syndicales et sociales dans notre région ;
Attendu que dans notre conflit de travail, les membres du SNEAA et les officiers nous ont donné toute l’aide et la solidarité qu’ils étaient capables de nous donner ;
Attendu que 1 200 employés risquent de perdre leur emploi ;
Attendu que l’impact va faire très mal dans notre région qui se bat déjà pour conserver des emplois. Pensons à l’exode des jeunes, etc.

Il est résolu que nous nous engageons par le présent pacte de solidarité à tout mettre en oeuvre pour appuyer nos confrères du SNEAA dans leur lutte. Nous nous engageons à promouvoir et sensibiliser la population dans l’appui des travailleurs d’Arvida, que ce soit par la manifestation publique ou de toute autre façon qu’il nous sera possible d’aider nos confrères du SNEAA.

Evens Simard, président
Locale 502Q
Syndicat canadien des communications, de l’énergie et du papier

Souhaitons maintenant que d’autres organisations et leaders se laissent inspirer par cet exemple de solidarité.

Le comité exécutif du SNEAA

Solidarité avec les travailleurs d’ABI

Lors de l’assemblée générale spéciale du 21 septembre dernier, les membres du SNEAA ont unanimement appuyé le versement d’un prêt sans intérêt de 1 million $ aux travailleurs et travailleuses de l’aluminerie de Bécancour. Nos confrères et consoeurs sont en grève depuis le 7 juillet dernier.

L’aluminerie de Bécancour est la propriété d’Alcoa à 74,95 % et d’Alcan à 25,05 %. L’employeur veut faire reculer les syndiqués d’ABI sur des acquis importants inscrits dans leur convention collective. Ils ont donc une bataille importante à livrer et auront besoin du soutien et de la solidarité de l’ensemble des travailleurs et travailleuses de l’aluminium.

Les membres de SNEAA sont fiers de donner leur appui aux travailleurs et travailleuses

 

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