La compétitivité du Saguenay–Lac-Saint-Jean -- Les TCA / SNEAA dévoilent des études qui contredisent les analyses d’Alcan
14 octobre 2004
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Consoeurs, confrères,
Notre recherche d’informations sur la situation économique de la région du Saguenay–Lac-Saint-Jean et la position d’Alcan sur le marché mondial progresse comme prévu. Au cours des derniers jours, les TCA/ SNEAA section locale 1937 ont rendu publiques de nouvelles données qui viennent contredire le discours que le porte-parole d’Alcan, Yvon D’Anjou, tenait le 10 septembre dernier à Jonquière devant les membres de la Conférence régionale des chambres de commerce du Saguenay.

Le fameux tableau d’Alcan

Nous vous rappelons qu’Yvon D’Anjou avait alors présenté le fameux tableau « Facteurs d’attraction clés pour des investisseurs selon leur importance relative » provenant d’analyses et d’études commandées à des firmes de spécialistes par Alcan sur les éléments attractifs et répulsifs du Saguenay–Lac-Saint-Jean pour des investisseurs potentiels. En d’autres mots, ce tableau dressait la liste des points forts et des points faibles de la région pour attirer des entreprises.

Les études mentionnaient alors la stabilité sociale et politique du Canada, le manque de convivialité (la facilité à faire des affaires) pour les entrepreneurs, dont les formalités de démarrage d’une entreprise, comme étant des points négatifs qui nuisent au Saguenay–Lac-Saint-Jean dans ses efforts pour intéresser les investisseurs.

Ce portrait sombre de la région, brossé par Yvon D’Anjou, avait été repris dans l’ensemble des médias d’information. Il faut cependant noter que jusqu’à présent, Alcan n’a pas encore rendu publiques les études sur lesquelles elle s’appuie pour faire de telles affirmations. Pas besoin de vous dire que nous avons bien hâte qu’elle le fasse puisqu’une autre étude très sérieuse soutient tout à fait le contraire.

Un portrait bien différent de nos forces et faiblesses

Cette étude intitulée le Guide 2004 de la compétitivité mondiale, publiée pour une 15e année consécutive, a été produite par l’Institute for Management Development (IMD), une institution d’analyse économique établie à Lausanne en Suisse, reconnue parmi les plus crédibles et respectées au monde. Le portrait que l’institution brosse des forces et faiblesses de la région est bien différent de celui des firmes spécialisées par Alcan.

En effet, alors que le porte-parole d’Alcan soutenait que les investisseurs y pensaient à deux fois avant de venir au Québec à cause de l’inquiétude politique suscitée par l’éternelle question de la souveraineté du Québec, l’Institute for Management Development classe le Canada au premier rang mondial pour la stabilité politique.

Sur un indice de 10, le Canada obtient une note de 9,67 pour la stabilité politique devançant les États-Unis (8,09), l’Europe (7,87), l’Afrique (7,36), l’Asie (6,18) incluant la Chine et l’Amérique du Sud (5,20). Le Canada est donc jugé très stable sur le plan social et politique présentant très peu de risques d’instabilité politique.

Le Guide 2004 de la compétitivité mondiale fait aussi mentir les analyses d’Alcan pour ce qui est de la facilité à faire des affaires au Canada, c’est-à-dire le «Ease of doing business » selon l’expression utilisée par Alcan. En effet, le Canada se situe parmi les 10 premiers pour l’ensemble des 60 pays et régions étudiés à travers le monde pour ce qui est de la facilité à faire des affaires. Il devance l’Océanie, les États- Unis, l’Asie (incluant la Chine), l’Europe, l’Afrique et l’Amérique du Sud. C’est donc dire que contrairement aux conclusions des analyses d’Alcan, la facilité à faire des affaires au Canada est un atout reconnu internationalement à l’avantage du Saguenay–Lac-Saint-Jean.

Le Canada maintient une position aussi avantageuse lorsque l’on considère le délai nécessaire pour démarrer une entreprise à travers le monde. En effet, il se situe au 2e rang, avec un délai de 3 jours seulement qui est nécessaire pour démarrer une entreprise, dans certains pays. Il s’agit d’une performance remarquable comparativement aux États-Unis (19,33 jours), l’Afrique (38 jours), l’Europe (43,7 jours), l’Asie (49,8 jours) incluant la Chine et l’Amérique du Sud (85,4 jours).

L’approche suivie

Pour l’élaboration de son édition 2004 du Guide de la compétitivité mondiale, l’Institute for Management Development a analysé la situation de 51 économies nationales industrialisées ou en émergence et de 9 économies régionales. L’analyse porte sur 323 différents critères, qui sont regroupés sous quatre grands facteurs de compétitivité : la performance économique (83 critères), l’efficacité gouvernementale (77 critères), l’efficacité des entreprises (69 critères) et la qualité des infrastructures (94 critères).

L’institution suisse va encore plus loin pour s’assurer d’avoir le portrait le plus juste possible de la situation de la compétitivité à travers le monde. Elle mène aussi une enquête scientifique auprès de 4 000 chefs d’entreprises d’envergure à travers le monde en les interrogeant sur différents éléments. Une fois toutes les données rassemblées, elle les valide auprès de 57 autres institutions économiques partenaires établies sur les cinq continents.

Dans l’attente des études d’Alcan

Nous vous rappelons donc que la publication de ces analyses par les TCA/ SNEAA se fait dans le cadre de la phase 1 de notre participation au « processus structuré » de discussions proposé par Alcan touchant l’avenir du Complexe Jonquière. Cette première phase prévoit la « documentation de la situation actuelle et l’identification de scénarios potentiels », ainsi que la réalisation d’analyses externes à cette fin.

Comme nous nous sommes engagés à le faire, nous vous garderons informés des résultats de nos propres analyses et études. Nous comptons aussi en informer les gens d’Alcan et l’ensemble de la population

Il va de soi que nous attendons de la part de la compagnie Alcan qu’elle manifeste le même degré de transparence dans le cadre de sa participation à son propre « processus structuré » de discussions sur l’avenir du Complexe Jonquière. Pour cette raison, nous avons adressé une demande officielle à la direction d’Alcan pour qu’elle nous transmette les études et analyses sur lesquelles s’appuyaient le porte-parole de la compagnie, Yvon D’Anjou, pour faire sa présentation le 10 septembre dernier devant la Conférence régionale des chambres de commerce du Saguenay. Nous sommes toujours dans l’attente d’une réponse.

Le comité exécutif des TCA/SNEAA

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